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La renégociation de l'ALÉNA ou le retrait des États-Unis serait un «désastre»

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Le candidat républicain Donald Trump (Photo: Bloomberg)

Le sprint final de la présidentielle américaine s'amorce. Et il n'y pas que l'intérêt pour cette campagne qui s'accroit au Canada; il y a aussi l'inquiétude des exportateurs qui craignent comme la peste l'élection de Donald Trump en raison de ses positions sur le libre-échange.

S'il est élu président, le magnat de l'immobilier s'est engagé à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) qu'il qualifie de «désastre» pour l'économie américaine. Il n'exclut pas non plus de retirer les États-Unis du traité - une mesure qui est permise.

Or, une renégociation de l'ALÉNA limitant l'accès au marché américain ou une sortie des États-Unis de l'accord serait un «désastre» pour l'économie canadienne, selon les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ).

«S'il y a un pays qui a bien besoin du libre-échange, c'est bien nous [le Canada]», laisse tomber le président MEQ, Éric Tétreault.

En 2015, le Québec a expédié 72% de ses exportations de marchandises au sud de la frontière, ce qui en fait de très loin notre premier partenaire commercial, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

À titre de comparaison, les entreprises québécoises expédient seulement 3% de leurs exportations en Chine, un pays qui est pourtant le deuxième marché extérieur du Québec.

Faut-il prendre au sérieux les menaces de Donald Trump? Ne s'agit-il là que d'une rhétorique de campagne pour gagner des votes?

Durant la présidentielle de 2008, le président démocrate sortant Barack Obama s'était aussi engagé à renégocier l'ALENA s'il devenait président. Or, une fois, au pouvoir, il n'a rien fait.

Donald Trump ne pourrait-il pas faire de même?

Éric Tétrault ne le croit pas, compte tenu de l'importance qu'a pris le discours anti-libre-échange dans la campagne du candidat républicain. «S'il devient président, je suis convaincu qu'il va essayer de renégocier l'ALÉNA», dit-il.

Tom Creary, ancien président et membre du conseil d'administration de la Chambre de commerce américaine au Canada (division Québec) partage les mêmes inquiétudes qu'Éric Tétrault.

«Il y a un risque pour le Canada», insiste-t-il, en précisant que Donald Trump a tendance à faire ce qu'il dit.

Selon lui, America Inc. est tout aussi inquiet des positions de Donald Trump sur le libre-échange, compte tenu de l'intégration des trois économies canadienne, américaine et mexicaine.

Bernard Colas, avocat spécialisé en droit du commerce international chez CMKZ à Montréal, estime aussi que l'élection de Donald Trump pourrait être «dommageable» pour les échanges canado-américains.

Et selon lui, la possibilité même qu'il puisse devenir président pourrait déjà avoir un impact négatif pour l'économie canadienne.

Pourquoi? Parce que des investisseurs étrangers pourraient par exemple renoncer à s'implanter au Canada pour privilégier une implantation aux États-Unis s'ils craignent que leur accès au marché américain soit plus restreint à la suite de l'élection de Donald Trump.

Donald Trump ne pourrait pas faire ce qu'il veut

Par ailleurs, si une éventuelle présidence Trump inquiète, sa possible élection n'entraînerait pas automatiquement la renégociation de l'ALÉNA.

Cela dépendrait notamment de qui, entre les républicains et les démocrates, contrôle le Congrès (actuellement, les républicains contrôlent le Sénat et la Chambre des représentants).

«Trump ne peut pas faire plusieurs choses unilatéralement», insiste Earl Fry, un négociateur américain lors des pourparlers sur l'Accord de libre-échange (ALE), aujourd'hui professeur de l'Université Brigham Young, à Washington.

Selon lui, Donald Trump pourrait par contre tenter de convaincre le Congrès d'ajouter des modifications à l'ALÉNA, un peu comme la fait le président démocrate Bill Clinton en 1993.

Ce dernier avait fait ajouter deux accords parallèles à l'ALÉNA, et ce, sur l'environnement et le droit du travail.

Selon Bernard Colas, une administration Trump pourrait renforcer aussi les clauses du Buy American (qui s'applique à l'achat de biens du gouvernement américain) et du Buy America (qui s'applique à l'achat de matériel de transport public) comme l'a fait du reste l'administration Obama.

Pour préserver l'accès au marché américain pour les entreprises canadiennes, Ottawa avait dû conclure un accord avec Washington, ouvrant les marchés publics des provinces, des territoires et des villes aux sociétés américaines.

Source: 
Les Affaires