Silicone Valley Camerounaise: Rêve ou Réalité?

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@Imfura. De la droite à gauche, Mr SONO, Modérateur; Mr Hervé Djia, Tech-preneur; Mr David Tassé, Promoteur de SENSE Sarl et Mr Nino, Promoteur de Kerawa.com.

À la huitième édition des Grandes Conférences de l’Institut Supérieur de Management et de l’Entrepreneuriat (IME), on a assisté à un vrai plaidoyer pour l’accélération des Startups dans la Capitale économique du Cameroun.

Autour du thème : Startups et Startupers : Est-on prêt pour une Silicone Valley Camerounaise ? Les brillants intervenants du jour, au nombre desquels des initiateurs de startup et les pédagogues ont pris la parole sur l’irréprochable modération de Mr SOMO Maurice, Chef service Orientation professionnelle à l’IUT de Douala et par ailleurs Psychologue de profession. IMFURA a couvert l’évènement et vous livre le contenu.

Il est 18h50, Mr SOMO prend le micro, plante le décor et introduit le premier paneliste qui n’est autre que Mr Hervé Djia, qui se désigne comme étant un tech-preneur et promoteur de plusieurs startups.  Ensuite ce sera au tour de David Tsaasse, promoteur de SENSE SARL et ensuite Mr Nino Ndjopkou, Promoteur du déjà célèbre site de vente en ligne, Kerawa.com.

Qu’est-ce qu’une StartUP ?

Ici, Mr Djia Hervé a défini le concept de startup qui n’est autre qu’une « petite entreprise aux ressources limitées et dont la spécificité première réside dans son fort potentiel de croissance » et surtout, selon le Président et fondateur de Kerawa, « sa capacité d’innovation non négociable. » Dans la continuité, Mr Djia, le tech-preneur brosse aussi le chemin à parcourir dans le financement en faisant un point focus sur la capacité du promoteur de la Startup à économiser ses propres moyens pour se lancer. Une fois débuté, il devra convaincre ses amis, parents et autres avant de penser aux institutions financières. « Il est difficile pour les banques de financer les startups dans notre pays car, une startup n’est surement pas un commerce où on peut être certain de vendre ou du moins de disposer sa marchandise dans son magasin. Les banques n’aiment pas le risque, or la startup c’est beaucoup et vraiment beaucoup de risque ».

Mr Hervé Djia, Tech-preneur, prenant sa récompense.

Les Startups camerounaises ont-elles réellement les chances d’émerger ?

Réponse de coloration négative pour David Tsaasse, Promoteur de SENSE. En effet, ce dernier dresse un cahier des charges nécessaires à la croissance des startups. Il part du constat clair qu’au Cameroun, près de 45% des promoteurs d’entreprises ont un diplôme inférieur ou équivalent au niveau secondaire. La quasi-majorité de ceux qui arrivent à l’université veulent plus travailler pour le compte des multinationales. Ce qui fait qu’on a donc moins de 15% d’entreprises camerounaises qui ont plus de dix ans d’âge or l’une des spécificités des startups est la durée dans le temps. Selon lui, cela peut être analysé par « l’inadéquation ou encore le déficit cuisant des politiques d’accompagnement mis en place ». Mais il pense que, le problème fondamental peut se trouver au niveau de nos entreprises et de la société.

1-      Les camerounais n’aiment pas se mettre ensemble pour travailler.

2-      Il dénombre plus de 500 banques et micro-fiances au Cameroun mais l’amère constat est qu’aucune d’elles n’investit dans les projets d’innovation. Si vous voulez vendre du riz, c’est sure, vous trouverez très vite un fournisseur taiwanais et une banque pour vous accompagner.

3-       Troisième et pas des moindres, l’absence des départements de Recherche et de Développement (R&D) dans nos grandes entreprises. Selon lui, la plupart de ceux qui ont lancé des startups dans d’autres pays ont été des employés de grosses boites qui ont démissionné par la suite avec de belles expertises.

Mr David Tsaasse, Promoteur de SENSE Sarl.

Il viendra enfoncer le clou en expliquant que pour arriver à cette dernière startup qui est SENSE Sarl, il a dû faire face à trois échecs. Sa conclusion est formelle. il présente un ensemble de diaporama montrant le siège de Google, Apple, Intel et Microsoft en Californie à la Silicone Valley et finit sur une conclusion peut-être évidente ? « Une Silicone Valley Camerounaise – après hésitation et un sourire – est un rêve ».

Sauf que c’est un rêve auquel le Président et Fondateur de Kerawa.com y croit bien. Dès ses premiers mots on a su que le débat devait être houleux « Je vais m’opposer en faux à ce que mon collègue vient de montrer. » Il présente tour à tour des startups camerounaises en pleines expansions au nombre desquels, Feem, Rapidticket.cm, C.discount, Cardispo, Kiroo Games, Cardiopad. Si vous ne les connaissiez pas comme nous pour certains, ne vous inquiétez pas, IMFURA a fait des recherches pour vous. Commençons par le premier…

Feem.

C’est une application qui vous permet de faire des transferts de fichier sans avoir besoin d’internet. Ils sont partis de la frustration de la lenteur des transferts que nous avions avec Dropbox, iCloud ou e-mail. Malheureusement, cela n’est pas encore opérationnel au Cameroun. Mais très apprécié par les asiatiques…

Rapidticket.cm.

Comme nous, vous trouvez gênant d’aller attendre à la gare routière avant d’embarquer dans votre bus. Rapidticket, vous demande de vous connecter de chez vous et de faire votre réservation en ligne. 15 min avant, vous quittez de chez-vous et bon voyage Mr ou Mme. C’est ce même esprit qui a animé Cardispo, mais il s’agit plutôt du taxi. Très souvent pour sortir la nuit vous devez courir tout type de risque entre agression et viol. Prochainement connectez-vous en ligne sur Cardispo et réservez votre taxi, un chauffeur vous appellera dans la minute qui suit et bonjour la sécurité.

Cdiscount et Kerawa.

Cdiscount est un site de vente en ligne tout comme Kerawa.com à la seule différence que chez ce dernier, vous postez vos propres articles que vous voulez vendre. Disons votre ipad vous énerve et vous voulez le vendre pour acheter la dernière version, vous le postez sur kerawa.com et un potentiel acheteur vous contactera et votre marchez sera scellé.

Mr Nino Ndjopkou, Président et fondateur de Kerawa.com.

Cardiopad et Kiroo Games.

Les deux derniers de notre liste sont bien connus. Cardiopad est une tablette qui aide les cardiologues dans leur métier. Votre maman vit à Kerawa qui est une ville du grand nord (tout notre soutien) et souffre de maladie cérébrale. Il n’y a surement pas de cardiologue là-bas. Mais un cardiopad si. Il lui suffit de le fixer sur son corps et suivre les instructions de son médecin depuis Maroua ou Douala. Quant à Kiroo games, c’est simplement le premier jeu vidéo au Cameroun et en Afrique centrale si nos informations n’en sont pas erronées.

Avec cette démonstration de force, certains intervenants de la salle se disaient qu’une émergence des Startup qui rimerait avec l’émergence du Cameroun n’était peut-être pas un rêve en soi. Les startups camerounaise ne seraient peut-être pas à l’image de celles des États-Unis, mais elles respecteraient bien le concept du made in Cameroun ou in Kerawa qui, ont le voir, dispose d’un fort potentiel de croissance. Mais qui dit croissance dit finance et effort.

Comment financer sa startup ?

Lorsque les questions ont été retournées aux 177 personnes enregistrées dans la salle, le financement était l’une des préoccupations majeures. C’est alors que tour à tour, chacun des intervenants donnera des éléments de réponses qui de façon globale tournaient autour de trois points clés:

1-      Le promoteur est sa propre et principale source de financement car il est celui qui croit le plus à son projet. Il doit être assez motivé et passionné et surtout travailler sans relâche pour voir sa startup présenter les signes d’un quelconque bienêtre.

2-      Vos parents et vos amis : Le promoteur doit réussir à convaincre ses proches sur la valeur de l’avenir de son projet. S’il n’y arrive pas, son projet peut avoir un vrai coup de fouet. Car il semble plus facile pour un proche de vous donner cent milles que pour un inconnu de vous donner un million. À cette étape aussi, vous pouvez procéder aux levées de fond, ce que les américains appellent « crowdfunding », mais qui reste peu usité en Afrique. C’est pourtant ce système qui a permis la construction de la célèbre stature de la liberté aux USA.

3-      Les business Angels comme les américains les appellent. Ce sont des personnes de bonne foi, les philanthropes en quelques sortes. Voyant votre projet et les efforts déjà consentis, ils sont capables de vous donner de l’argent sur du long terme. Ce n’est qu’après cela que vous pouvez proposer votre projet aux Banques et aux investisseurs de  capitaux que le Cameroun n’en a malheureusement pas, du moins pas de façon reconnue.  

Après la coutume remise des récompenses bien propre à l’Afrique, le directeur général de l’IME, Blaise Ouafo a clore (21h30) la séance sur la forte promesse de l’organisation pressante de la neuvième grande conférence. Mais avant, les organisateurs doivent réfléchir sur la tenue d’une StartupWeekend au sein de l’IME à l’image de la Dakar StartupWeekend dont une vidéo avait été projetée quelques temps avant dans la salle.

Mr Blaise Ouafo, Directeur Général de l'IME au millieu accompagné de quelques invités 

Source: 
IMFURA