Sérieux: Qui utilise encore les tablettes à 16 ans?

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@DR

Qui a déjà eu la brillante fausse idée de s’octroyer une tablette ? L’avez-vous vraiment utilisé pendant plus de cinq années. Sentez sincèrement que cette tablette vous est indispensable ? C’est en tout cas une question à laquelle s’est posée un certain nombre de personne. Loin d’être une question stupide, elle a occupé tous notre esprit.  

En effet, plusieurs études récentes mettent en évidence que les tablettes sont en déclin sur le plan commercial depuis 2013 et qu'elles sont prises dans une «spirale infernale» telle que nombre d'experts se demandent aujourd'hui si leur fin n'est pas proche.

Le dernier trimestre de 2016 a vu les ventes mondiales de tablettes chuter de 20 % en un an, à près de 53 millions d'unités, en dépit de la période a priori porteuse de Noël ; cela correspondait au neuvième trimestre de baisse consécutif, selon le cabinet-conseil américain IDC. À l'échelle de l'année, les ventes ont reculé de 16 % par rapport à 2015, à près de 175 millions d'unités.

Le leader Apple, qui détient 24 % des parts du marché planétaire des tablettes, est frappé de plein fouet par le phénomène. Au dernier trimestre de 2016, ses ventes mondiales d'iPad ont dégringolé de 19 % en un an, toujours selon IDC. La firme de Cupertino misait beaucoup sur son tout nouveau iPad Pro, mais celui-ci n'a représenté que 10 % de ses ventes de tablettes.

«La spirale est infernale : la croissance future ne peut plus survenir que dans certains marchés émergents, comme le Moyen-Orient et l'Afrique, des marchés où les marges sont infimes. Partout ailleurs, c'est le déclin», dit Ryan Reith, vice-président, analyse des services mobiles d'IDC.

De la même façon, les rapports technologiques du cabinet d'études américain NPD Group mettent en évidence que les ventes mondiales de tablettes ont dégringolé de 30 % depuis la fin de 2013, époque où la tablette était au sommet de sa gloire. «Un chiffre qui serait considérablement plus élevé si on excluait la tablette Fire d'Amazon, qui a connu des ventes prodigieuses ces derniers temps [+ 99 % au dernier trimestre de 2016]», souligne Stephen Baker, vice-président et analyste de NPD Group.

Un gadget qui ne sert à rien (ou presque)

Comment expliquer un tel désamour, alors qu'au début des années 2010 tout le monde mourait d'envie de serrer contre son coeur une tablette numérique ? Les raisons sont multiples, d'après une étude de Deloitte :

> Concurrence. Les cellulaires ont grandi d'en moyenne 40 % par rapport à 2010 et les ordinateurs portables se sont allégés d'en moyenne 22 % sur la même période. Ces appareils sont ainsi entrés en concurrence directe avec les tablettes.

> Délaissement. Les parents font jouer leurs enfants sur une tablette, ce qui les ravit, mais ceux-ci la lâchent à tout jamais à l'adolescence, dès qu'ils ont leur propre cellulaire.

> Obsolescence. Deloitte a demandé à 30 000 personnes du monde entier d'indiquer quels gadgets électroniques elles préféraient utiliser pour une quinzaine d'activités différentes (ex. : regarder un film, naviguer sur le Web, faire un achat en ligne, etc.). Résultat ? La tablette n'apparaît jamais dans le top 3 des activités en question ! Elle figure presque toujours en quatrième place, ce qui signifie que les gens, en vérité, se servent de leur tablette... par défaut.

«La grave carence des tablettes, c'est qu'elles ne sont nécessaires à aucune activité courante. Et ce, toutes activités et catégories démographiques confondues, à deux exceptions près au Canada, à savoir le jeu en ligne pour les femmes ainsi que pour les 45 ans et plus [la tablette arrive en deuxième place dans ces deux catégories-là]», dit Duncan Stewart, directeur de la recherche, technologies, médias et télécommunications de Deloitte Canada.

Il ajoute : «Nos prévisions pour 2017 indiquent que les ventes mondiales de tablettes connaîtront un recul de 10 %, ce qui confirmera qu'elles ont connu leur apogée il y a belle lurette», dit-il.

Bref, les tablettes ne nous servent à rien (ou presque). Ce qui, certes, est rassurant. Mais sur un autre plan, IMFURA reste sur une question pendante : devons-nous continuer avec du numérique ? De l’imprimé ou les deux à la fois ? Car, très sincèrement, si l’avenir de la lecture n’est pas sur du support numérique, plusieurs médias et presses se seraient trompés.

 

Source: 
IMFURA et Lesaffaires