Promote, Conférence: Données économiques - facilité d’investissement

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Asso’o Fouman Serge Fabrice, Analyste économique au MINEPAT

Il est des temps où, bras le long du corps, tête haute, poitrine bombée, certaines personnes inspirent par leur connaissance impérissable et non méprisable des dossiers. La conférence sur les données économiques et financières du Cameroun – opportunité et facilité d’investissement était une autre occasion de permettre à des personnes brillantes de faire parler leur savoir-faire qui, oui, n’est rien sans le faire savoir. Et Mr Asso’o Fouman Serge Fabrice le fait sans se faire prier. C’est une chance pour IMFURA de le résumer.

Mr Asso’o Fouman Sege Fabrice est Démographe, Économiste, Expert en économie et développement local. Il a travaillé pendant des dizaines années à l’accompagnement des projets bancables. Aussi, il est chargé d’Étude assistant à la cellule des Études sur le Développement Régional et Local au (MINEPAT) Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. Excusez du peu !

Son propos liminaire donne le ton, « selon le petit robert, un entrepreneur c’est,

« celui entreprend quelques choses.

« celui qui se charge de l’exécution ou d’un travail

« toute personne qui dirige une entreprise pour son compte et qui met en œuvre les divers facteurs de production (Agents naturels, capital, travail) en vue de vendre des produits ou des services. » Son insistance est clair : « C’est cette dernière définition qui nous concerne et retenez déjà qu’entrepreneur a pour mission première de faire du bénéfice ».

Données économiques

Il était question ici, de ressortir, chiffres à la main, les données qui permettent d’évaluer l’économie du Cameroun. Ainsi, on se rend très vite compte que le Pib du Cameroun entre 2015 et 2016 est 5.8 et 5.3. Il s’agit ainsi des chiffres qui, analysés d’une certaine manière, peuvent montrer le bon état de notre économie. Seulement, lorsqu’on regarde le taux de consommation ou encore le ratio des différents secteurs d’activités, on se rend compte selon Mr Fouman que « cette croissance est trompeuse ». Car notre économie est plus portée vers l’extérieur avec l’exportation des matières premières contre une importation des matières finies.

Cette remarque se justifie par la balance commerciale qui est complètement déficitaire et l’écart se creuse au fil des années. Par exemple : on l’estime d’ici 2018 à – 2280 milliards de FCFA. C’est très grave. Notre niveau de productivité est donc remis en cause, d’où l’appel résonnant du soutien du secteur privé. Cet appel est appelé avec insistance surtout que le niveau d’endettement du Cameroun est de 30% bien que les études disent que 70% est le taux critique, il reste que le contexte économique de la CEMAC est défaillant, le Cameroun bien que n’étant pas en alerte arrêt, voit sa situation se détériorer au fil des années. C’est la raison pour laquelle Mr fouman, représentant le MINEPAD pense que « les entrepreneurs sont interpellés pour accentuer la productivité et soutenir l’État ».

Autre point d’analyse des données économiques est celui de nos partenaires commerciaux. Les principaux clients du Cameroun entre 2014 et 2015 sont, par ordre croissant, les Pays bas, l’Inde, la Chine et le Portugal, l’Espagne, la France, la Belgique, l’Italie, le Tchad, la Grande Bretagne. Mais lorsqu’on fait le total on se rend compte l’UE est à plus 71%. D’un autre côté, nous achetons à l’union européenne à près de 18% en équivalence avec la chine ou presque du Nigeria qui sont successivement nos premiers et deuxièmes vendeurs.

Mr Fouman a vu juste ici, « nous gagnerons à densifier notre relation avec l’union Européenne » afin de ne pas dépenser notre réserve de devises dans les changes. À IMFURA, nous pensons qu’un ajustement entre le Francs CFA et le l’Euro serait vu d’un bon œil du côté du Cameroun. Car, il ne faut pas perdre de vu, que les produits que nous exportons serait plus chers s’ils viendraient de l’Ue. Ce qui ne ferait qu’accroitre l’inflation déjà critiquable (2.6 en 2017 pour la zone CEMAC) (ndlr).

Opportunités

Selon Mr Fouman, les secteurs prioritaires sont actuellement, l’Agriculture le bois, le tourisme, l’Économie numérique et le BTP. Il s’agit de l’étude effectuée par le MINEPAD. Et notre expert pense que « le tourisme se trouve être rentable que le Bois » ou que l’agriculture, dépendamment de comment on se place.

Les opportunités existent partout au Cameroun. Or actuellement, Douala regorge 35% des entreprises du Cameroun. Yaoundé vient avec 24%, l’Ouest est à 9% tandis que le sud-ouest vient avec 7%. Premier Bémol les entrepreneurs ont tout l’intérêt e créer des opportunités dans d’autres régions aussi car on se rend compte que seuls Douala et Yaoundé représentent 60% des entreprises du Cameroun. Une félicitation a été donnée ici à l’Association des Entrepreneurs du Cameroun, qui se donne les moyens pour impliquer les autres provinces au mouvement entrepreneurial. Deuxième bémol : près de 75% d’entreprises créées meurent 2 ans après. Le secteur tertiaire est fortement dominant avec 86.5%. Cela prend en compte 61% de commerce général. « Une vraie menace ! »

Contribution du secteur privé dans l’économie nationale

Le secteur privé 262 000 personnes et la branche commerce est la plus dominante. Cela est inquiétant lorsqu’on sait que chaque année, ce sont près 50 mille jeunes qui sortent des classe Terminales – d’où la difficulté à trouver le financement.

Elle est très forte sur le plan national et reste insuffisance pour le rôle attendu de lui martèle Mr Fouman. Car, on consomme plus qu’on en produit et le privé contribue à hauteur de 74.3% tandis que le secteur public n’est qu’à 12%.

Financement du secteur privé.

Les Banques sont presque inaccessibles, c’est un fait car les conditions d’accès au crédit sont très exigeantes. Mr Fouman, qui ici représente le MINEPAD assure que ce dernier dispose de fonds en réserve mais il n’arrive pas à les utiliser. Car il y a des handicapes au nombre desquels, la taille de l’entreprise dans le besoin car manque de gouvernance et la non maîtrise du montage des projets.

Les recommandations de Mr Fouman, qui sont en effet les « mêmes que ceux du MINEPAD » sont claires : Il faut Renforcer les entrepreneurs locaux à la préparation et au montage des projets bancales ; S’instruire sur la connaissance de l’offre des instruments financiers des PTF et se mettre au service des clusters et des incubateurs d’entreprises.

Source: 
IMFURA