Préparez-vous à l'âge d'or du gaz naturel

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@DR

ANALYSE– Les chiffres donnent le vertige: pour répondre à la demande en énergie d'ici 2040, il faudra ajouter l'équivalent de la consommation actuelle de l'Amérique du Nord et de l'Amérique latine. Et le gaz naturel sera la source d'énergie qui connaîtra la plus forte croissance.

Ainsi, dans les 23 prochaines années, 40% de la croissance de la demande énergétique mondiale sera comblée par le gaz naturel, selon les prévisions à long terme de la pétrolière ExxonMobil (2017 Outlook for Energy: a View to 2040).

Bien entendu, le pétrole demeurera la principale source d'énergie consommée dans le monde en 2040, même si le gaz naturel connaîtra la plus forte croissance, comme on peut le voir sur ce graphique.

Le gaz naturel est une énergie fossile, mais elle émet beaucoup moins de polluants et de gaz à effet de serre (GES) que le pétrole et le charbon. C'est en grande partie pourquoi cette source d'énergie est populaire, affirment les analystes d'ExxonMobil(NY., XOM).

Comme le pétrole, le gaz naturel est très polyvalent.

Il peut être utilisé pour produire de l'électricité, pour chauffer des immeubles ou des résidences, sans parler de son utilisation dans les procédés industriels. Sous forme liquide (le gaz naturel liquéfié ou GNL), il peut aussi servir de carburant pour les camions et les navires.

La popularité du gaz naturel tient aussi à ce qu'on appelle le «gaz vert», c'est-à-dire le carburant issu de la méthanisation des déchets organiques ou résidentiels comme à Saint-Hyacinthe. Ce gaz est marginal pour l'instant, mais il croît rapidement dans le monde.

Par ailleurs, d'un strict point de vue économique, le gaz naturel est aussi un carburant très avantageux pour les entreprises et les consommateurs, au premier chef en Amérique du Nord.

Le marché gazier n'est pas intégré mondialement comme celui du pétrole.

Par conséquent, les prix varient d'un continent à l'autre, même s'ils évoluent dans la même direction. Or, ces dernières années, l'écart des prix s'est creusé d'une région à l'autre, comme on peut le voir sur ce graphique de la pétrolière BP.

Ainsi, en 2015, le US Henry Hub–l'étalon de mesure pour les prix nord-américains– a descendu sous la barre des 3$ /mmBtu. Un prix qui est deux fois moins cher qu'en Europe et trois fois moins dispendieux qu'au Japon.

La faiblesse des prix nord-américains tient à l'explosion de la production de gaz de schiste aux États-Unis, souligne une étude de la firme de consultants Roland Berger (The shale gas phenomenon and its potential to change the game of US economy).

En 2000, le gaz de schiste représentait seulement 2% de la production totale de gaz naturel aux États-Unis. En 2012, cette proportion avait bondi à 35%. Et en 2050, le gaz de schiste devrait représenter la moitié de la production gazière américaine, selon l'Energy Information Administration (EIA), une agence du ministère américain de l'Énegrie.

C'est cette offre supplémentaire de gaz naturel sur le marché nord-américain qui a tiré les prix vers le bas et qui devrait continuer à les garder à de faibles niveaux dans les prochaines années, estiment plusieurs analystes.

Par exemple, les prix sur les contrats à terme du gaz naturel au New York Mercantile Exchange (NYMEX) en janvier 2021 sont inférieurs à ceux de janvier 2017, et ce, malgré les frais d'entreposage.

Le gaz naturel a donc plusieurs avantages par rapport à d'autres sources d'énergie:

- Il est disponible en grande quantité.

- Cette source d'énergie est peu coûteuse, et son prix devrait demeurer faible dans un avenir prévisible.

- le gaz naturel classique permet de réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre (GES), même si n'est pas une énergie verte à proprement dit.

- la «verdisation» du gaz naturel–la méthanisation des déchets organiques– rendra cette source d'énergie de plus en plus attrayante par rapport aux autres énergies comme l'éolien ou le solaire.

C'est donc pour toutes ces raisons que des analystes estiment que le gaz naturel s'apprêterait à vivre un âge d'or dans les prochaines décennies.

 

Source: 
IMFURA et Lesaffaires