Lettre ouverte à Mathias Éric Owona Nguni au sujet du Colloque Chantal Biya

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Image: google @DR.

J’ai été informé via ma page facebook sur la question d’un colloque qui revalorise les actions humanitaires de notre première dame, mama Chantoux…

Au départ, je n’ai trouvé aucun mal à cela. Car pour moi, toute personne qui fait des actions humanitaires qui influencent le train de vie peut-être félicitée. Que cette personne s’appelle Chantal Biya,  Monique Koumatekel, Vanessa Tchatchoua ou même Julie Cheugueu Nguimfack, notre miss nationale 2016.

Mais par la suite, j’ai suivi les conclusions du forum et je me suis dit qu’il y avait surement un problème. Je suis même allé jusqu’à imaginer que Mathias Éric Owona Nguni (MEON), voulant à tout prix enfoncer le clou sur le débat d’avant colloque, a fini par ne pas se contrôler. Cependant, n’étant pas apte à faire des conclusions hâtives, je me suis dit qu’une lettre à lui adressée serait surement une meilleure approche pour avoir plus d’informations sur sa dite conclusion « révolutionnaire ».

MEON propose que le titre de Première Dame soit dorénavant érigé en institution. Puisque selon lui, et d’après ses conclusions, elle est déjà une institution non officielle et occuperait le titre de « Déléguée générale à la présidence ». Rappelons que je ne suis pas politicien, je ne suis ni Professeur, ni Docteur et très loin de l’être. Je suis un citoyen camerounais qui, de temps en temps, prend les nouvelles de sa cité. Ma lettre n’a rien à voir avec Mme Chantal Biya, ni avec MEON. Je veux juste bien comprendre la Proposition qui a été faite. Car, lorsqu’un professeur de la trempe de MEON dit quelque chose, il y a des possibilités que cela puisse influencer des opinions.

Ceci étant, après avoir écouté les conclusions de ce colloque présenté par MEON, je pense que me taire face aux questions touffues ou non éclairée de sa cité, c’est comme disait Martin Luther King, « être coupable ». Svp soyez clément Pr si les questions que je vais poser s’avèrent non fondées. Faites-moi juste des éclaircissements face à mon ignorance … advenant.

1.      Vous proposez de façon révolutionnaire que le titre de Première dame devienne une institution. Vous élargissez d’ailleurs au niveau Africain.

Est-ce que vous êtes explicitement entrain de demander une modification de la constitution afin signaler que dorénavant on vote à la présidence de la république un couple ? Et non une personne ?

Est-ce que vous êtes en train d’instaurer une nouvelle loi qui dit que ne peut être président qu’un homme marié ? Si vous répondez par l’affirmative sur ce point particulier, je crains que le président Jacob Zuma ne vous voit d’un mauvais œil. Avez-vous oubliez que la polygamie reste légal chez nous et dans la plus part des États Africains ? Ou alors vous essayiez juste de nous proposer plusieurs institutions des premières dames avec plusieurs postes de « Déléguée générale à la présidence » au cas où le président serait polygame ?

Votre proposition me pose également un problème sur qui peut être Président de la République. Supposons qu’on crée dès demain l’institution Première dame, cela suppose aussi à Kah Walla d’oublier son rêve de diriger le Cameroun car elle n’est pas un Homme et ne peut donc pas avoir de première dame. Ou alors vous essayez d’aller à l’encontre du chef de l’État et du Ministère de la communication qui nous ont rassurés, d’après les propos de Issa Tchiroma, que « les mariages de même sexe n’étaient pas d’actualité chez nous ». Car, selon votre proposition, si Kah Walla devient présidente du Cameroun, elle devra forcément être mariée à une lesbienne. C’est vrai que vous dites en théorie que votre proposition est valable autant pour la femme que pour l’homme qui aspire à la fonction présidentielle. Voici cependant une question centrale que je vous pose : Est-ce que vous pouvez regarder droit dans les yeux ces nombreux hommes et femmes célibataires et leur dire avec votre cœur que « cher frère, chère sœur, cher camarade, certaines fonctions de la république ne sont pas faites pour vous car vous n’êtes pas marié(e) » ?

2.      Deuxième série d’interrogations.

Vous parlez d’institution formelle et informelle… Bien que n’étant pas Professeur, je crois savoir que toute institution a besoin d’être financée. Comment comptez-vous la financer ? Est-ce une institution Privée ? Parapublique ? Administrative ? Politique ? RDpéciste ? Ou plus spécifiquement liée au parti au pouvoir ? Je pose la question car vous avez parlé de l’influence que Mme Chantal Biya dispose sur les femmes du RDPC et sur les président(e)s de section. Est-ce que cela suppose que le président de la république qui est supposé gérer tous les camerounais doit avoir pour épouse une femme acquise à la cause de certains camerounais, plus spécifiquement, ceux qui ont élu son mari ? Que diront les femmes acquises à la cause du SDF dans ce cas précis ?

Vous parlez des dons que les organismes ; les entreprises publiques, parapubliques et privées font pour soutenir les actions de la première dame : Sincèrement répondez-moi : est-ce que vous pensez au trafic d’influence passif et même actif que l’Homme peut naturellement avoir de par sa position hiérarchique sur ces semblables ? Soyons un peu sincère, vous dites que la première dame serait « Déléguée générale présidentielle ». Où est le mérite dans nos institutions ? Je ne parle pas que de diplôme, d’ailleurs je ne suis pas un fan de diplôme. Mais je parle des actions menées. Comment évalue-t-on la capacité de la première dame à prendre les bonnes décisions ? Ou alors selon vous, puisqu’elle est première dame elle est forcément habiletée à occuper des responsabilités ? Comment se fera la transition de l’institution Première dame au cas où son mari n’était plus Président de la république ? Seriez-vous en train d’envisager ou d’encourager l’éternité du pouvoir entre les mains d’un couple ?

Voici une question plus farfelue…  Supposons que Franck Biya était aussi inscrit dans les œuvres humanitaires de façon dévoilée, auriez-vous proposé que les enfants du Président de la république soit aussi des institutions formelles parce que leurs actions influencent l’évolution morale de notre société ? Leur auriez-vous donné le titre de Lieutenant de la Présidence de la République ? Plus haut, j’ai évoqué le nom de Julie Cheugueu Nguimfack, notre miss national 2016. Comment pouvons-nous organiser un colloque de ses actions étalées sur une année ? Que deviennent nos miss après leur, très souvent, brillant et combattant mandat ? Ne méritent-elles pas, au vu du vote que leur accordent les camerounais(es), de s’ériger en institution ?

Conclusion

Cher aîné, j’avais été très surpris par votre sang froid lors de la conférence, Société Civile et Engagement Politique au Cameroun, où vos camarades ou Co-panélistes avait été arrêtés. En effet, j’avais beaucoup apprécié votre calme face aux forces de l’ordre. Car, dans ce pays, j’ai très souvent la réaction contraire. Je me mets très souvent sur la défensive en face des forces de l’ordre de notre pays. J’ai cette profonde sensation qu’ils ne font pas bien leur travail.

Cependant je sais que ma manière d’agir dans ces cas précis n’est pas encourageable. J’ai tellement envie d’être comme vous. La dernière fois, j’ai dû bagarrer seul contre sept d’entre eux avant de séjourner quelque temps en cellule avec mes vêtements tous déchirés et ma nudité totalement dévoilée. Mon cœur ne supporte pas l’injustice pour peu que j’en prenne conscience. Je croyais donc pouvoir apprendre de vous. Mais il me semble que vous n’aviez pas su garder ce même calme sur la question du Colloque. Autant votre face à face avec Njoya Moussa m’a laissé pantois sur l’idée que j’avais de vous, autant la profonde conviction que vous aviez lorsque vous élaboriez la conclusion « révolutionnaire » de ce Colloque me laisse perplexe.

De grâce rassurez-moi. Merci d’être indulgent Prof sur mon niveau de langue. Je ne suis pas très brave en français.

César Tchoffo, Citoyen Camerounais, Ancien vendeur de plastique.

Source: 
IMFURA