Les enjeux du sommet sur la sécurité maritime au Togo.

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Sommet de lomé 2016

L’insécurité maritime en Afrique a un sérieux impact économique sur des pays comme le Togo, le Ghana, la Somalie, la Côte d’Ivoire, Nigeria et le Cameroun. Cette insécurité, s’étend désormais du Sénégal jusqu’à l’Angola, et est devenue une préoccupation planétaire avec un impact sérieux sur l’économie mondiale.

Avec la mondialisation, on assiste à une « maritimisation » des économies dans le monde. Elle a redonné une autre importance à l’océan, à la mer, aux eaux fluviales et lacustres ainsi qu’à la nécessité de leur contrôle. Une partie importante (près de 90 %) du commerce mondial de fret emprunte au moins partiellement la voie maritime. Mais cette montée du commerce mondial n’a pas que des retombées positives, elle renferme aussi ses aspects négatifs. Par exemple. La piraterie a maintenant une influence considérable dans les enjeux économiques globaux. En plus, l’environnement subit un coup considérable du fait de ces transactions. Il est donc clair que le secteur maritime à urgemment besoin d’un corpus juridique efficace pour contrôler ces débordements, accroitre et accélérer le développement. Le sommet de Lomé arrive donc à temps pour concrétiser le processus enclenché lors du sommet de Yaoundé sur la sureté et la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée. Les enjeux de ce sommet sont louables. Il s’agit de la lutte contre la piraterie maritime, la lutte contre la pêche illicite, la lutte contre la pollution afin d’accélérer le développement  de l’Afrique.

La lutte contre la piraterie

Il s’agira tout d’abord d’éradiquer la piraterie maritime qui sévi depuis plusieurs année dans le Golfe de Guinée et sur les côtes Somaliennes et de prévenir les attaques dans d’autres pays. La piraterie maritime désigne tout acte de vol, de meurtre, d'enlèvement et de sabotage dans les ports et en haute mer. Il s'agit d'un problème à échelle internationale puisque de nombreuses zones du globe sont classées sensibles aux attaques des pirates. En effet, le Golfe de Guinée abrite l’un des plus grands gisements de pétrole off-shore au monde, estimé selon les experts à 24 milliards de barils de réserve, soit 4,5% des réserves mondiales. Le transport du pétrole, du gaz naturel et d’autres ressources naturelles en direction du reste du monde, attise des convoitises et favorise des attaques.

En 2013, 51 attaques ont été recensées dans le golfe de Guinée. Par ailleurs, l’Afrique de l’Ouest est depuis longtemps un lieu de transit intercontinental, la porte d’entrée de la cocaïne en provenance de l’Amérique latine à destination de l’Europe. Les enjeux économiques, sécuritaires et stratégiques de la piraterie et du trafic de drogue sont  donc incontestables.

Ce phénomène requiert une réponse globale comprenant un cadre juridique particulier, des moyens de surveillance et d'intervention ainsi que des organismes de coordination sous régionaux. Mais seule une Afrique forte et unie peut inspirer cette coordination internationale nécessaire qui s’appuie sur les domaines de la sécurité et de la sûreté maritimes.

La lutte contre la pêche illicite

Ensuite s’agira de dresser un arsenal règlementaire sur la pêche illicite en Afrique. Les moyens d'existence de plus de 120 millions de personnes dépendent de la pêche de capture. La pêche artisanale génère les deux tiers des prises destinées à la consommation humaine directe et 90 % des emplois du secteur. La pêche illicite appauvrit les stocks de poissons, détruit les habitats marins, entraîne une distorsion de concurrence pour les pêcheurs honnêtes et affaiblit les communautés côtières, notamment en Afrique. Il est estimé que la pêche illicite fait perdre 170 milliards de francs CFA en Afrique de l’ouest. L’Afrique doit donc investir davantage pour l’acquisition de matériels performants de surveillance et de contrôle afin de lutter contre la pêche illicite. En effet, la majorité des Etats côtiers de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale font face à d’énormes défis pour assurer une surveillance et un contrôle effectifs de leurs eaux. Il s’agit entre autre de l’insuffisance en capacité humaine et matérielle, absence de transparence, corruption, dispositifs légaux parfois désuètes et non dissuasifs. En plus, même s’il existe une coopération franche et sincère entre, d’une part, les Etats côtiers de l’Afrique et, d’autre part, ces mêmes Etats et le reste du monde, le chemin est encore long pour définitivement contribuer à l’éradication du fléau de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans la région. En réalité, cette thématique a comme ambition de créer un schéma de certification des captures à l’importation et à l’exportation des produits de la pêche. De plus, le sommet abordera l’utilisation des technologies existantes pour combattre la pêche illicite.

La lutte contre la pollution

En plus, le sommet pourra aussi gérer le problème de la préservation de l’environnement, afin de limiter l’impact environnemental des ports et protéger la biodiversité des littoraux. En effet, lors du trafic, les déchets pétroliers sont déversés irrationnellement dans les eaux que ce soit intentionnellement ou par des fuites. La manipulation de vrac sec produit de la poussière qui peut par la suite contaminer l’environnement. Les émissions de vapeurs provenant de la cargaison peuvent se traduire en pollution atmosphérique. La mauvaise gestion des déchets et la perte de cargaisons peuvent avoir des effets toxiques sur les océans. La pêche contribue de façon vitale à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 200 millions d’Africains et apporte des revenus à plus de 10 millions de pêcheurs. La manipulation de fret émet souvent des effets qui peuvent être extrêmement néfastes pour l’environnement. Il est donc important de développer l’écoconception maritime en anticipant les effets des infrastructures et en les intégrant aux écosystèmes. Que sont les bonnes pratiques internationales pour assurer la conservation de la biodiversité dans le cadre d’un programme d’aménagement à long terme ? Quelles mesures pouvons-nous mettre en place afin de mesurer la qualité écologique des espaces portuaires ? Nous espérons que le sommet prendra en compte toutes ces préoccupations.

La mer peut être un grand facteur de développement pour l’Afrique

Pour Alfred Thayer Mahan (1840-1914), géopoliticien et amiral américain, « la domination des mers doit être une priorité en raison de la liberté et de l’exploitation des routes maritimes commerciales : le commerce sous-entend une marine marchande et une marine de guerre pour la protéger ainsi des points d’appui (ravitaillement et réparation) sur les voies maritimes. D’une génération à l’autre et d’un gouvernement à un autre, la pensée d’Alfred Mahan a toujours préoccupé les décideurs politiques à Washington. W. Raleigh disait déjà, à la fin du XVIe siècle : « (Celui) qui tient la mer, tient le commerce du monde, tient la richesse du monde ; (celui) qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ». A ce titre, l’Afrique regorge des potentielles pour conquérir le monde. Il lui appartient donc d’enclencher le processus. L’augmentation d’activité commerciale exige des ports modernes qui peuvent assurer l’échange efficace de cargaison. Comment est-ce que le continent prépare ses infrastructures portuaires pour cette augmentation d’activité commerciale? Nous espérons que le sommet apportera des solutions.

L’insécurité maritime en Afrique a un sérieux impact économique sur des pays comme le Togo, le Ghana, la Somalie, la Côte d’Ivoire, Nigeria et le Cameroun. Cette insécurité, s’étend désormais du Sénégal jusqu’à l’Angola, et est devenue une préoccupation planétaire avec un impact sérieux sur l’économie mondiale.

Avec la mondialisation, on assiste à une « maritimisation » des économies dans le monde. Elle a redonné une autre importance à l’océan, à la mer, aux eaux fluviales et lacustres ainsi qu’à la nécessité de leur contrôle. Une partie importante (près de 90 %) du commerce mondial de fret emprunte au moins partiellement la voie maritime. Mais cette montée du commerce mondial n’a pas que des retombées positives, elle renferme aussi ses aspects négatifs. Par exemple. La piraterie a maintenant une influence considérable dans les enjeux économiques globaux. En plus, l’environnement subit un coup considérable du fait de ces transactions. Il est donc clair que le secteur maritime à urgemment besoin d’un corpus juridique efficace pour contrôler ces débordements, accroitre et accélérer le développement. Le sommet de Lomé arrive donc à temps pour concrétiser le processus enclenché lors du sommet de Yaoundé sur la sureté et la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée. Les enjeux de ce sommet sont louables. Il s’agit de la lutte contre la piraterie maritime, la lutte contre la pêche illicite, la lutte contre la pollution afin d’accélérer le développement  de l’Afrique.

La lutte contre la piraterie

Il s’agira tout d’abord d’éradiquer la piraterie maritime qui sévi depuis plusieurs année dans le Golfe de Guinée et sur les côtes Somaliennes et de prévenir les attaques dans d’autres pays. La piraterie maritime désigne tout acte de vol, de meurtre, d'enlèvement et de sabotage dans les ports et en haute mer. Il s'agit d'un problème à échelle internationale puisque de nombreuses zones du globe sont classées sensibles aux attaques des pirates. En effet, le Golfe de Guinée abrite l’un des plus grands gisements de pétrole off-shore au monde, estimé selon les experts à 24 milliards de barils de réserve, soit 4,5% des réserves mondiales. Le transport du pétrole, du gaz naturel et d’autres ressources naturelles en direction du reste du monde, attise des convoitises et favorise des attaques.

En 2013, 51 attaques ont été recensées dans le golfe de Guinée. Par ailleurs, l’Afrique de l’Ouest est depuis longtemps un lieu de transit intercontinental, la porte d’entrée de la cocaïne en provenance de l’Amérique latine à destination de l’Europe. Les enjeux économiques, sécuritaires et stratégiques de la piraterie et du trafic de drogue sont  donc incontestables.

Ce phénomène requiert une réponse globale comprenant un cadre juridique particulier, des moyens de surveillance et d'intervention ainsi que des organismes de coordination sous régionaux. Mais seule une Afrique forte et unie peut inspirer cette coordination internationale nécessaire qui s’appuie sur les domaines de la sécurité et de la sûreté maritimes.

La lutte contre la pêche illicite

Ensuite s’agira de dresser un arsenal règlementaire sur la pêche illicite en Afrique. Les moyens d'existence de plus de 120 millions de personnes dépendent de la pêche de capture. La pêche artisanale génère les deux tiers des prises destinées à la consommation humaine directe et 90 % des emplois du secteur. La pêche illicite appauvrit les stocks de poissons, détruit les habitats marins, entraîne une distorsion de concurrence pour les pêcheurs honnêtes et affaiblit les communautés côtières, notamment en Afrique. Il est estimé que la pêche illicite fait perdre 170 milliards de francs CFA en Afrique de l’ouest. L’Afrique doit donc investir davantage pour l’acquisition de matériels performants de surveillance et de contrôle afin de lutter contre la pêche illicite. En effet, la majorité des Etats côtiers de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale font face à d’énormes défis pour assurer une surveillance et un contrôle effectifs de leurs eaux. Il s’agit entre autre de l’insuffisance en capacité humaine et matérielle, absence de transparence, corruption, dispositifs légaux parfois désuètes et non dissuasifs. En plus, même s’il existe une coopération franche et sincère entre, d’une part, les Etats côtiers de l’Afrique et, d’autre part, ces mêmes Etats et le reste du monde, le chemin est encore long pour définitivement contribuer à l’éradication du fléau de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans la région. En réalité, cette thématique a comme ambition de créer un schéma de certification des captures à l’importation et à l’exportation des produits de la pêche. De plus, le sommet abordera l’utilisation des technologies existantes pour combattre la pêche illicite.

La lutte contre la pollution

En plus, le sommet pourra aussi gérer le problème de la préservation de l’environnement, afin de limiter l’impact environnemental des ports et protéger la biodiversité des littoraux. En effet, lors du trafic, les déchets pétroliers sont déversés irrationnellement dans les eaux que ce soit intentionnellement ou par des fuites. La manipulation de vrac sec produit de la poussière qui peut par la suite contaminer l’environnement. Les émissions de vapeurs provenant de la cargaison peuvent se traduire en pollution atmosphérique. La mauvaise gestion des déchets et la perte de cargaisons peuvent avoir des effets toxiques sur les océans. La pêche contribue de façon vitale à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 200 millions d’Africains et apporte des revenus à plus de 10 millions de pêcheurs. La manipulation de fret émet souvent des effets qui peuvent être extrêmement néfastes pour l’environnement. Il est donc important de développer l’écoconception maritime en anticipant les effets des infrastructures et en les intégrant aux écosystèmes. Que sont les bonnes pratiques internationales pour assurer la conservation de la biodiversité dans le cadre d’un programme d’aménagement à long terme ? Quelles mesures pouvons-nous mettre en place afin de mesurer la qualité écologique des espaces portuaires ? Nous espérons que le sommet prendra en compte toutes ces préoccupations.

La mer peut être un grand facteur de développement pour l’Afrique

Pour Alfred Thayer Mahan (1840-1914), géopoliticien et amiral américain, « la domination des mers doit être une priorité en raison de la liberté et de l’exploitation des routes maritimes commerciales : le commerce sous-entend une marine marchande et une marine de guerre pour la protéger ainsi des points d’appui (ravitaillement et réparation) sur les voies maritimes. D’une génération à l’autre et d’un gouvernement à un autre, la pensée d’Alfred Mahan a toujours préoccupé les décideurs politiques à Washington. W. Raleigh disait déjà, à la fin du XVIe siècle : « (Celui) qui tient la mer, tient le commerce du monde, tient la richesse du monde ; (celui) qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ». A ce titre, l’Afrique regorge des potentielles pour conquérir le monde. Il lui appartient donc d’enclencher le processus. L’augmentation d’activité commerciale exige des ports modernes qui peuvent assurer l’échange efficace de cargaison. Comment est-ce que le continent prépare ses infrastructures portuaires pour cette augmentation d’activité commerciale? Nous espérons que le sommet apportera des solutions.

AKN

Source: 
IMFURA