La COP 21 Ses Conclusions Pour l'Afrique.

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COP 21.

L'évènement diplomatique le plus marquant de la fin d'année 2015 aurait surement été la 21ième Conférence des Parties encore dénommé COP21 dont ont pris part 152 chefs d'États. D'entrée de jeux, plusieurs présidents ont évoqués le caractère "contraignant" dans lequel l'ensemble des solutions et des compromis devraient avoir lieu. La COP 21, que beaucoup n’hésitaient pas à qualifier d'une « autre messe » sur le réchauffement climatique, a finalement pu accoucher des intentions louables où toutes les parties prenantes semblent se retrouver.

Le texte qui a été adopté après un marathon de négocations de plus de 300 heures, fait 31 pages comprenant deux parties. Pour beaucoup, c'est la première fois qu'un accord sur le climat est universel, au sens où tous les pays signataires s’engagent à mettre au point, les politiques de lutte contre le changement climatique.

Lors de cette conférence, l'Afrique a formulé de façon succincte ses attentes parmi lesquelles deux principales. On note premièrement une limite considérable de la hausse de la température globale et deuxièmement, des moyens de financement pour réussir (à leur manière) à faire décliner les émissions de gaz à effet de serre.

 

Les principaux termes de l'accord de Paris.

En réponse à ces préoccupations, l'accord final de la COP21 dénommé accord de Paris arrête principalement deux points qui vise à renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques en:

1- Contenant l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l'action menée pour limiter l'élévation des températures à 1,5  °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques;

2- Décidant en outre que, conformément au paragraphe 3 de l'article 9 de l’Accord, les pays développés entendent poursuivre leur objectif collectif actuel de mobilisation jusqu’en 2025 dans l’optique de mesures concrètes d'atténuation et d'une mise en œuvre transparente; avant 2025, la Conférence des Parties agissant  comme réunion des Parties à l’Accord de Paris fixe un nouvel objectif chiffré  collectif   partir d'un niveau plancher de 100 milliards de dollars par an, en tenant compte des besoins et des priorités des pays en développement.

 

Les déçus de l’accord.

Les pays les plus vulnérables face aux conséquences du réchauffement climatique (dont  les Philippines, le Bangladesh, l'Ethiopie, le Ghana, le Kenya, l'Afghanistan, les Maldives, le Costa Rica, le Népal, Tuvalu, Vanuatu ou le Vietnam) ont plaidé pour que la COP21 voie plus loin.

A l'occasion de la présentation d'une « déclaration » portée par 43 pays, déjà adoptée à Manille il y a quelques semaines, ces pays ont appelé la communauté internationale à s'entendre sur un objectif de limitation du réchauffement à 1,5 degré par rapport à l'ère préindustrielle, plus ambitieux que le seuil de 2 degrés fixé depuis 2009 comme cadre global à ces négociations. Ils réclament également une « décarbonations complète d'ici à 2050 », avec un pic des émissions de gaz à effet de serre mondiales « au plus tard en 2020 ». Les émissions de gaz à effet de serre (GES) devraient selon eux être ramenées à zéro vers 2060-2080. Beaucoup de pays ne sont pas encore prêt à discuter de ces questions. Le club des faibles comme on les appelle doit devoir prendre patience, le temps d'être influent dans les cercles des décisions internationales.

 

Les points d'ombres.

Comme on pouvait s'attendre, Les ONG sont plus mesurées. « Cet accord est un point de départ, mais il est insuffisant pour enrayer la crise climatique actuelle. Aucun engagement n’a été pris par les Etats qui puisse nous assurer que l’objectif de 1,5 degré puisse être atteint », estime Alix Mazounie, du Réseau Action Climat (RAC). Selon elle, «  les gouvernements ont posé les bases d’une action ambitieuse de lutte contre le changement climatique mais les mesures doivent être immédiates ».

Ce point de vue est repris dans la presse canadienne qui analyse l'accord de Paris suivant un angle juridique: « Les contributions nationales livrées par les pays, c’est-à-dire leurs engagements précis de réduction d'émissions, n'ont pas de valeur contraignante, étant volontaires dans leur ambition et ne faisant pas partie de l’accord stricto sensu. En revanche, chaque Etat a malgré tout l’obligation d'en établir une, de la mettre en œuvre, et surtout de la réviser à la hausse tous les cinq ans, selon les articles 3 et 4 de l’accord ».

Aussi, « du point de vue du droit international, l’accord n’est pas à strictement parler contraignant dans la mesure où il ne prévoit pas de mécanisme coercitif ou de sanction pour les pays qui ne respecteraient pas leurs engagements », avance Matthieu Wemaëre, avocat aux barreaux de Paris et de Bruxelles, expert en droit du climat et négociateur pour le Maroc lors de la COP21. « Dans cet accord, il n’y a rien de contraignant : il n’y a pas de sanction, donc les Etats font ce qu’ils veulent, regrette Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France, interrogé par RTL. Si demain matin, les Etats qui ont signé ces accords ont envie de partir dans une toute autre direction, personne ne peut les empêcher. »

 

La position du Cameroun.

Qu'à cela ne tienne, lorsque nous voyons le ton et la rigueur mise en avant par le chef de l'État Camerounais, Paul Biya dans son discours, on peut se dire que vu sous un autre angle, la contrainte morale nécessaire pour sauver la planète est urgente. Il a exprimé clairement que « Nous n'avons pas le droit d'échouer » et même si on sait que son pays est un « faible émetteur de gaz à effet de serre. » Voici par exemple les objectifs qu'il a instruits:

1- Réduction de 32 %, à l’horizon 2035, de l’empreinte carbone par rapport à 2010 pour son pays;

2- Lutte contre la désertification, élaboration d’un mécanisme pour le développement propre, gestion durable des forêts et, dans le cadre de la Commission des forêts d’Afrique Centrale, action pour une gestion concertée des forêts du bassin du Congo (second poumon de la planète);

3- Gestion durable des ressources en eau, de concert avec les  pays de la sous-région, membres de la Commission du bassin du lac Tchad et de l’Autorité du bassin du Niger.

 

Dix pays s'engagent à restaurer 100 millions d'hectares de forêts en Afrique.

On peut s'en dire que l'appel du chef de l'État camerounais a eu un écho chez plusieurs autres présidents puisque dans la foulée, une initiative pour remettre en état d'ici 2030 l'équivalent de 100 millions d'hectares de forêts et de terres agricoles devenues improductives en Afrique a été lancée dimanche le 13/12/2015 à Paris, en marge de la COP21.  Le projet, soutenu par l'Union africaine, le ministère allemand de la Coopération et le World resources institute de Washington, est baptisé AFR100 pour "African forest landscape restoration initiative"("Initiative pour la restauration des paysages forestiers africains"). Le programme AFR100 bénéficiera de financements de la Banque mondiale et d'investissements de la part du secteur privé.

 

Des financements en direction de l'Afrique.

« Je vous annonce aujourd'hui que la France consacrera 6 milliards d'euros entre 2016 et 2020 » à l'électrification du continent, a déclaré le chef de l'Etat français, ajoutant qu'elle investirait « 2 milliards d'euros en faveur des énergies renouvelables ».

Les 2 milliards promis pour les énergies renouvelables représenteront une « augmentation de 50% par rapport aux cinq dernières années », a précisé l'Elysée. L'Afrique recevra ainsi « une part très substantielle » de l'effort financier global consenti par la France pour lutter contre le réchauffement climatique, qui doit être lui-même porté de 3 à 5 milliards d'euros par an d'ici à 2020, a souligné François Hollande.

Ce sujet d'électrification est très sensible en Afrique lorsqu'on sait que de nombreuses familles passent encore des semaines entières sans lumière. Les dernières estimations parlent de près de 600 millions de personnes n'ayant pas accès à l'électricité sur le continent africain.

 

La vision d'IMFURA

L'accord de Paris a certes pris une ligne ambitieuse si on s'en tient aux études scientifiques faites dans le domaine du changement climatique. On sait par exemple que les experts estiment que dépasser de 2 degrés Celsius la température globale serait vraiment endommageable pour la survie de nombreuses espèces. Reste à présent les moyens à mettre en jeu pour l'atteinte des objectifs de l’accord de Paris -- qui nous l’avouons -- sont très ambitieux au regard du caractère égoïste que semble faire émerger certains États. 

Source: 
IMFURA