Comment combattre la monotonie de la routine?

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@DR

Connaissez-vous Bob Bowman? Peut-être que oui, peut-être que non. C’est l’un des hommes derrière le succès phénoménal de Michael Phelps, ce nageur américain de légende, détendeur de 23 médailles d’or aux Jeux olympiques. C’est qu’après en avoir été trois fois assistant, Bob Bowman a fini par prendre la tête de l’équipe américaine masculine de natation lors des Jeux de Rio, en 2016; si bien que maintenant les nageurs américains le considèrent comme un «coach de génie». Ni plus ni moins.

Or, il se trouve que Bob Bowman a signé un livre sur sa façon de travailler au quotidien et que la traduction de celui-ci vient de sortir. Son titre : Les Règles d’or de l’excellence - Une méthode en 10 étapes pour réussir votre vie personnelle et professionnelle (Marabout, 2016). Son intérêt : majeur pour qui entend briller plus que jamais au travail.

En voici d’ailleurs la preuve, à l’aide d’un extrait que nous avons trouvé lumineux d’intelligence. Bob Bowman considère en effet que la plupart d'entre nous souffrons de la routine, y compris des champions comme Michael Phelps. Et qu'il est vital d'en éviter les effets néfastes (ennui, démotivation,...), à plus forte raison lorsqu'on entend briller dans son quotidien au travail, voire y exceller. Explication.

«Aujourd’hui, tout le monde semble se plaindre de la routine de ses semaines de travail. Pourquoi? La faute, peut-être, à la technologie. Avec nos cellulaires, nos laptops et nos tablettes numériques, nous ne débranchons jamais; nous sommes tout le temps d’astreinte, ce qui signifie que nous sommes toujours dans notre routine.

«Je connais ça. Je me lève à 4h30 tous les matins, et à 5h, pendant que je prépare mon petit-déjeuner, je lis mes courriels, je me tiens au courant des dernières nouvelles sportives sur ESPN.com, et je tape «citations motivantes» sur Google à la recherche de quelques paroles de sagesse à tweeter à mes nageurs. Les oiseaux ne gazouillent pas encore que j’ai déjà fait une dizaine de recherches sur mon iPhone.

«Pourtant, je ne pense pas que la technologie soit la seule responsable. En fait, je pense que nous y sommes aussi pour quelque chose. D’ailleurs, moi-même, j’ai l’impression de n’être jamais sorti de ma routine depuis mes débuts d’entraîneur : dès le cégep, j’ai commencé à entraîner, et j’avais tellement envie de devenir un meilleur entraîneur que j’étais à la piscine dès 6h et que je n’en repartais jamais avant 20h. Même après avoir quitté Florida State, j’ai conservé cette habitude dans les différents clubs de natation où j’ai été entraîneur.

«Le travail était mon gagne-pain et mon hobby. J’adorais ce que je faisais et je voulais faire mon maximum - voire plus. Au nom de ma passion, je sillonnais le pays à la recherche de nouveaux postes d’entraîneur et de nouveaux lieux où progresser.

«Mais après une dizaine d’années passées à entraîner, j’ai réalisé que je n’avais finalement qu’une seule corde à mon arc. La natation dominait ma vie. Alors que fis-je? Je me tournai vers les chevaux.

«En 1996, je travaillais avec Paul Bergen, un entraîneur de légende dont j’essayais de m’inspirer. Paul possédait également des pur-sang. Je l’accompagnais à ses écuries avec l’idée d’en apprendre un peu plus sur la natation. Mais plus j’y allais, plus je m’intéressais aux chevaux et aux courses. Je fis alors ce que je fais généralement : une immersion totale.

«Je lisais tous les livres sur l’entraînement et l’élevage de chevaux que je pouvais trouver. Je regardais tous les vidéos disponibles. Je finis par me passionner pour le rythme de vie des pur-sang, qui rappelle curieusement le mien. Leur entraînement me parlait. Les chevaux, comme moi, sont des lève-tôt. Les animaux et l’odeur du foin et des écuries me rappelaient les étés que je passais à la ferme de mes grands-parents en Caroline du Sud. Je suis moi-même devenu propriétaire de pur-sang.

«Mes chevaux firent de moi un meilleur entraîneur de natation. Ils firent diversion et me permirent de ne pas penser uniquement à ma passion numéro 1. Ils m’apportaient un équilibre.

«Voici quelques précautions à prendre dans la poursuite de votre vision et de votre rêve : ne laissez pas votre vision occuper tellement de place que vous en négligez d’autres centres d’intérêt ou que vous n’en cultivez pas de nouveaux. Ces compétences «secondaires» peuvent vous apporter le recul nécessaire [pour voler de succès en succès].

«Michael Phelps est la personne la plus focusée que je connaisse; à l’approche d’un entraînement ou d’une compétition, son niveau de concentration crève le plafond. Mais une fois hors de l’eau, il sait débrancher et passer à autre chose, que ce soit jouer au golf, à un jeu vidéo ou aux cartes, ou encore trouver un coin tranquille et rester seul. Sa mère, Debbie, dit qu’il peut être heureux, simplement assis sur une chaise, le regard en l’air, à réfléchir : «Il est plutôt profond», me dit-elle un jour.

«Quelle que soit sa méthode, Michael Phelps sait prendre du recul par rapport à sa passion pour la recharger. À vous d’en faire autant!»

Voilà. Prendre du recul, par exemple en vous dédiant à une seconde occupation passionnante à vos yeux, tel est le précieux conseil de Bob Bowman, l’entraîneur du Michael Phelps, celui qui a déjà dit «J’ai toujours rêvé de faire les Jeux olympiques; Bob a fait en sorte que ce rêve devienne réalité, pour moi, et aussi pour d’autres». Un conseil qui, j’en suis persuadé, pourrait bel et bien vous permettre, à votre tour, de réaliser le rêve professionnel que vous avez en tête, sans jamais souffrir de la routine.

En passant, le moraliste français Vauvenargues disait : «Un homme sans passion est un roi sans sujet».

Source: 
IMFURA