Cameroun-Côte d’Ivoire : la coopération par les marchés financiers

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Jean Claude Ngbwa, le président de la Commission des marchés financiers (CMF) du Cameroun, l’organe de régulation du Douala Stock Exchange (DSX), la bourse des valeurs mobilières du pays ; a effectué le 8 novembre 2016 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, une visite de travail au siège de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

«Je suis venu m’inspirer de l’expérience de la BRVM», a déclaré le président de la CMF au sortir de la séance de travail avec les responsables de ce marché financier, non sans préciser que «l’étape de la BRVM était incontournable, vu les performances réalisées par la place boursière de l’UEMOA ces dernières années».

En effet, a-t-on appris officiellement, cette visite rentre dans le cadre de la tournée entreprise par le président de la CMF sur les places financières internationales et africaines depuis sa nomination, afin de s’inspirer des meilleures pratiques pour le développement du marché financier camerounais ; dont Jean Claude Ngbwa rêve qu’il reflète enfin le réel potentiel économique du pays, véritable poumon économique de l’Afrique centrale.

Pour rappel, après un long bail à la CIMA, le régulateur du secteur des assurances en Afrique de l’Ouest et du Centre, Jean Claude Ngbwa a été nommé à la présidence de la CMF le 29 Juin 2016. Il est ainsi devenu le régulateur d’un marché financier qui ne cote que trois lignes d’actions, après 10 années d’activités, contre cinq lignes d’obligations. Sa capitalisation boursière au 17 juin 2016 était seulement d’un peu plus de 405 milliards de francs Cfa.

 

Bien qu’étant davantage comparable à la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), qui est encore moins dynamique que le marché financier camerounais, la BRVM a quant à elle atteint une capitalisation boursière de 6887,47 milliards de francs Cfa le 27 octobre 2016. Une quarantaine d’entreprises y sont cotées.

Une performance qui fait certainement saliver les responsables du marché financier camerounais, visiblement boudé par le secteur privé.

En effet, ces opérateurs, qui ne cessent pourtant de décrier l’accès difficile aux financements dans le pays, se contentent de participer aux emprunts obligataires lancés par les Etats de la Cemac sur cette place boursière située dans la capitale économique, ville qui abrite pourtant 79 des 100 premières entreprises du Cameroun en termes de chiffres d’affaires, selon un recensement de l’Institut national de la statistique (INS).

Mêmes les mesures d’incitations fiscales prises par l’Etat camerounais, notamment un abattement substantiel de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises cotées, n’ont pas encore réussi à attirer les entreprises sur le Douala Stock Exchange.

Brice R. Mbodiam

Source: 
Investir au Cameroun