Au Congrès, Trump annonce baisses d'impôts et réforme d'Obamacare

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© JIM_BOURG/REUTERS Donald Trump a livré hier soir peu de nouveaux détails sur le programme économique qu'il compte faire adopter par le Congrès

Donald Trump a livré hier soir peu de nouveaux détails sur le programme économique qu'il compte faire adopter par le Congrès. Le nouveau président est certes revenu sur son thème préféré du nationalisme économique. Il promet ainsi une nouvelle donne consacrant deux principes simples: «Acheter américain et embaucher américain». Au-delà de ce slogan, l'absence de nouveaux éléments sur l'ampleur et la nature des réductions d'impôts qu'il anticipe pour favoriser une ré-industrialisation de l'Amérique et doubler le taux de croissance, va décevoir certains. En revanche, le nouveau président a dressé la liste des principes d'une réforme de la santé qui, pour des raisons juridiques, doit nécessairement précéder l'annonce d'une réforme fiscale.

«Mon équipe économique est en train de développer une réforme fiscale historique qui va réduire le taux d'imposition de nos entreprises de manière à ce qu'elles puissent affronter la concurrence (...). Dans le même temps nous allons offrir des réductions massives d'impôts à la classe moyenne», a expliqué le Président Trump devant les deux chambres du Congrès mardi soir. Pas un mot dans son discours par exemple sur la possibilité, en cours d'examen, de taxer les importations pour financer une baisse de l'impôt sur les bénéfices des entreprises. Rien non plus sur l'impact de ces réformes sur l'endettement public. Rien non plus sur la nature des réductions de taxes, y compris sur l'élimination éventuelle de déductions populaires mais couteuses. Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a manifestement encore besoin de temps pour faire tourner ses modèles statistiques et tester les effets des hypothèses sur les recettes du fisc. Le Trésor s'est fixé la date du début août pour faire passer sa réforme fiscale. Entre-temps, il aura fallu réformer et remplacer «Obamacare».

Instaurer une plus grande concurrence

Le 45ème président des États-Unis a précisé les grands principes de cette réforme de la santé. «Obamacare», votée en 2010, révèle depuis des mois des limitations et des défauts qui deviennent insupportables: les primes d'assurance s'envolent, alors que la couverture proposée se réduit, tandis que nombre de compagnies d'assurance abandonnent le marché. À tel point que dans un tiers des comtés, les américains dont l'assurance n'est pas prise en charge par leur employeur, ne peuvent désormais s'adresser qu'à une seule compagnie. Donald Trump promet qu'avec sa réforme l'accès à l'assurance ne sera pas conditionné à une bonne santé, comme c'était le cas dans les années qui précédaient «Obamacare». Il s'engage à ce que la transition entre le système actuel et le nouveau soit ordonnée. Il demande une réforme juridique pour limiter les procès civils intentés aux médecins et hôpitaux, à l'origine de coûts exorbitants. Il remet sur le tapis l'urgence de limiter les hausses des prix des médicaments. Enfin il veut que le marché de l'assurance soit affranchi de ses limites étatiques pour devenir national afin de créer les conditions d'une plus grande concurrence.

Ces principes ne suffiront pas à mettre d'accord une majorité républicaine encore divisée sur ce sujet capital et urgent. Ils devraient cependant rassurer des électeurs inquiets du risque de perdre une couverture d'assurance qui à défaut d'être parfaite, a le mérite d'exister. 

Source: 
Le Figaro